Un voyageur aveugle face aux obstacles

Mieux vaut être solide sur ses pieds lorsqu’on emprunte le nouveau Duplex TGL, mis en service en Suisse alémanique sur une ligne. Un recours d’Inclusion handicap contre le wagon est pendant au Tribunal fédéral.


L’ouverture des portes, l’escalier intérieur, le marchepied: autant de chausse-trapes que le voyageur aveugle Gerd Bingemann doit éviter dans le nouveau train duplex.
Images CHARLY RAPPO

 

Gerd Bingemann se penche sur le bouton d’ouverture des portes du train qui vient de s’immobiliser en gare de Wil (SG). «C’est une bonne idée, le signal sonore, mais vous l’entendez, vous?» C’est le début d’un voyage jusqu’à Saint-Gall et retour, durant lequel le juriste de 58 ans, aveugle, explique quelques-unes des raisons ayant poussé l’organisation faîtière Inclusion handicap à recourir au Tribunal fédéral contre le nouveau train à deux étages des CFF.

Depuis février 2018, cinq trains duplex pour le trafic grandes lignes roulent entre Coire et Bâle par Zurich et Saint-Gall. «Cette ligne impose l’utilisation de véhicules à fortes accélérations pour permettre le respect de l’horaire», expliquent les CFF dans une documentation en ligne, comme pour s’excuser d’utiliser un matériel qui n’est pas encore au point.

Depuis le premier retard constaté en 2012, les mauvaises nouvelles n’ont fait que s’accumuler pour le train construit par le Canadien Bombardier.

Volume sonore très faible

Mais les dérangements – les Alémaniques ont surnommé le train Pannenzug, «train à pannes» – ne sont pas ce qui irrite le plus Gerd Bingemann. Musicien, licencié en droit, ancien judoka, devenu progressivement aveugle en raison d’une maladie héréditaire, notre guide travaille à l’Union centrale suisse pour le bien des aveugles. Pour lui, le nouveau Dosto FV est surtout synonyme d’erreurs de conception.

Retour à l’entrée du wagon. Un bip-bip est effectivement perceptible, mais il faut presque coller son visage au bouton d’ouverture pour l’entendre. Or le signal acoustique devrait être audible à une distance de deux mètres.

Nouveau problème, mais pour les malentendants, à l’entrée du train: les reflets sur la vitre du tableau digital sont éblouissants. Il faut chercher le bon angle pour lire les informations. Les CFF ont promis de corriger très vite ce point très important.

Trompeuse main courante

Qui voit bien, entend bien et marche sur ses deux jambes ne fera peut-être pas attention au prochain obstacle. Il est, toutefois, permis de penser que des personnes sans problème de motricité risquent elles aussi la chute, surtout si elles ont le nez fixé sur un téléphone portable. La main courante des escaliers reliant les deux étages du train n’a, en effet, pas la même longueur des deux côtés des marches. Lorsque l’on descend du côté le plus large, comme le fait l’écrasante majorité des voyageurs, et que la main arrive au bas de la rampe, le passager considère instinctivement qu’il est arrivé au bas des escaliers. Mais ce n’est pas le cas: il reste encore deux marches.


La main de Gerd Bingemann arrive au bas de la rampe, il considère instinctivement qu’il est arrivé au bas des escaliers. Mais ce n’est pas le cas: il reste encore deux marches.

 

«De plus, lorsque vous arrivez à éviter la chute et à conserver tant bien que mal votre équilibre, vous atterrissez sur un plan incliné», explique Gerd Bingemann. La fameuse rampe d’entrée, inclinée à 15%, prévue pour les personnes en chaise roulante et contestée par Inclusion handicap.

«Les concepteurs nous ont expliqué que la main courante devait stopper à cet endroit-là pour une question de largeur de la voie de fuite, poursuit le juriste. Mais c’est insensé de laisser les gens risquer de tomber à cause d’une norme!»

A Saint-Gall, le train subit l’un des dérangements qui font dire aux CFF qu’ils «ne sont pas satisfaits des performances actuelles des nouveaux trains»: les portes ne s’ouvrent pas. Dans un rapport, publié début février, la régie indiquait que cet incident est responsable de plus d’un tiers des perturbations. Une dame confirme en soupirant: «Ça arrive tout le temps…»

Le contrôleur finit par ouvrir manuellement une porte depuis l’extérieur, mais sans pouvoir actionner la plaque faisant la jonction, au sol, entre le train et le quai. Il devra donc aider tous les passagers ayant quelque difficulté. Des personnes âgées doivent traverser tous les wagons pour parvenir à l’ouverture. Quant à Gerd, il confie: «Ils sont super, les contrôleurs, de nos jours!»


Suite à une pane le contrôleur finit par ouvrir manuellement une porte depuis l’extérieur, mais sans pouvoir actionner la plaque faisant la jonction, au sol, entre le train et le quai. Il devra donc aider tous les passagers ayant quelque difficulté.

 

Tous ces problèmes – il faudrait encore citer, entre autres, les porte-bagages à l’étage, auxquels les malvoyants se cognent la tête, ou des barres d’appui mal placées – auraient pu être évités, selon Gerd Bingemann. «Il est vrai que nous avons été consultés par les CFF tôt dans le processus. Certains des aspects ont été reproduits dans une maquette que nous avons pu visiter. Mais pour ce qui est des points sur lesquels le Tribunal fédéral devra se prononcer, soit ils n’étaient pas visibles, soit notre critique n’avait pas été prise en compte. D’où notre choc lors de la visite du wagon terminé, juste avant Noël 2017.»

Des points positifs aussi

Mais Gerd Bingemann tient à saluer les points positifs. «Les aveugles et malvoyants ont droit à un accompagnant gratuit, et le Call Center Handicap de Brigue, où nous pouvons commander de l’aide pour un trajet, fonctionne très bien.»

Il est l’heure de prendre le train du retour, direction Wil. «Pour des raisons techniques, le train n’est pas prêt à rouler», annonce-t-on dans le haut-parleur. Eclats de rires sur le quai. «Ah, celle-là, je ne l’avais pas encore entendue», commente Gerd Bingemann.

La loi est loin d’avoir été mise en œuvre

L’organisation faîtière Inclusion handicap fait recours au Tribunal fédéral pour défendre le droit, inscrit dans la loi sur l’égalité pour les handicapés (LHand), à l’accès autonome aux transports publics. Quinze ans après son adoption, la loi est encore loin d’avoir été mise en œuvre. Explications de Marc Moser, porte-parole d’Inclusion handicap.

Les autres trains des CFF, à un ou deux étages, sont-ils accessibles en toute autonomie par les personnes handicapées?

Cela dépend. Les plus vieux trains, soit ceux qui ont été mis en service avant l’adoption de la LHand, ne sont pas accessibles du tout. Depuis, la situation s’est beaucoup améliorée. Certains trains, à un et même à deux étages, sont accessibles pour les personnes avec un handicap. Les trains à deux étages plus anciens sont même utilisables par les personnes en chaise roulante sans aide extérieure. Il est donc tout à fait possible de construire des trains duplex sans obstacle.

Est-ce que le public comprend le besoin d’autonomie des handicapés?

La compréhension existe, mais partiellement. Elle peut diminuer durant les heures de pointe par exemple. Et, souvent, les gens ne comprennent pas qu’une personne en chaise roulante ou malvoyante ne veut pas dépendre systématiquement d’aide extérieure.

La LHand est entrée en vigueur en 2004. Quel bilan tirez-vous?

La majorité des cantons et des communes ont du retard. Cela concerne surtout les arrêts de bus. Actuellement, nous estimons que seuls 5% d’entre eux sont conformes à la loi. Il est d’ores et déjà évident que le délai pour l’adaptation, qui court jusqu’en 2023, ne sera pas tenu. Pendant des années, les autorités et les compagnies de transport ont dormi. Nous venons d’intervenir à Bâle-Ville où un projet de réaménagement devant la gare ne tenait pas compte des personnes avec handicap. Le département concerné a décidé de corriger le projet.

En ce qui concerne le transport ferroviaire, Inclusion handicap constate un développement globalement positif. Nous reconnaissons l’engagement des CFF en faveur de l’égalité pour les personnes handicapées. Malheureusement, dans le cas des Duplex TGL, cet engagement n’a pas été suffisant.

Handicapés consultés

Les CFF estiment avoir correctement intégré les organisations de personnes handicapées. Outre la maquette en bois grandeur nature de 2011, «la visite d’un vrai wagon avait été réalisée «le plus tôt possible», rappelle le porte-parole Frédéric Revaz. Concernant la norme européenne STI-PMR, qui autorise une pente maximale de 15% pour la rampe d’entrée, le porte-parole rappelle qu’«il s’agit du droit suisse». Elle avait été intégrée à l’ordonnance sur les chemins de fer, ce qu’avait reconnu le Tribunal administratif fédéral lorsqu’il a rejeté la plupart des revendications d’Inclusion handicap.

L’organisation a abandonné deux des quinze points jugés lacunaires et trouvé un accord avec les CFF sur quatre autres. Les neuf derniers forment le recours au Tribunal fédéral déposé en janvier.

Source: Le Nouvelliste

La naissance des surfaces podotactiles

Seiichi Miyake, né en 1926 et mort en 1982, est un inventeur japonais. Il est connu pour avoir conçu les surfaces podotactiles, qui aident les piétons aveugles ou malvoyants à se déplacer.

En 1965, Miyake utilise ses propres fonds pour concevoir les briques tactiles. Les surfaces ont deux types : une avec avec des points et l’autre avec des lignes verticales. Les points indiques aux piétons qu’ils sont en danger, tandis que les barres verticales signifient qu’il est possible de continuer à avancer.

Deux ans plus tard, le 18 mars 1967, la ville d’Okayama est la première à installer cette invention pour les malvoyants.

10 ans plus tard, le système devient obligatoire dans les gares de la compagnie ferroviaire Japanese National Railways. Elles se sont ensuite progressivement répandues au Japon et dans le reste du monde.

En mémoire de l’inventeur le 18 mars 2019 un Google Doodle lui rend hommage.


Les surface podotactiles qui aident les piétons malvoyants à se déplacer.

 

Note:
Une surface podotactile, ou bande d’éveil de vigilance, est une surface présentant une texture que les piétons atteints d’une déficience visuelle peuvent reconnaître au toucher (par les pieds, au travers des chaussures, ou à la canne blanche), et dont on recouvre le sol de certains lieux publics pour leur signaler un danger : un obstacle, la sortie d’une zone sécurisée (principalement sur les trottoirs à l’entrée des passages piétons, et au bord des quais de voies ferrées), un changement de niveau (la bordure du trottoir, une ou plusieurs marches d’escalier), etc.

(KKG)

Information du comité / Céline Witschard

Chers Membres, Chers Bénévoles,

Je vous fais suivre, dans ce mail, le projet de Céline Witschard, membre de notre section depuis quelques mois et déjà bien connue de certain(e)s d’entre vous.

Céline monte un projet entrepreneurial autour du handicap, de l’acceptation, du surpassement et de la sensibilisation à ce dernier et a également dans l’idée de proposer du Conseil aux institutions et entreprises pour que ces dernières adaptent mieux leurs prestations aux personnes atteintes de déficience visuelle ou non voyantes.

Malheureusement, elle doit faire sans le soutien de l’AI dans ce projet à vocation sociale et solidaire. C’est pourquoi elle a lancé une levée de fonds via sa page facebook professionnelle www.facebook.com/visionpositovecoaching(déjà disponible) et le site internet de son projet: www.vision-positive.ch (accessible dès le mercredi 12 décembre).

Elle a besoin de vous, de vos retours sur l’ergonomie du site internet pour qu’il soit plus accessible possible, mais également de votre soutien pour pouvoir concrétiser le lancement de cette belle entreprise en début d’année 2019!

N’hésitez pas à la soutenir et à diffuser l’information autour de vous !

Bien à vous.

Laurent Castioni

Information du Comité

Bonjour à toutes et tous,

Je vous transmets un mail de notre cher bénévole, Bernard, comme vous le savez tous, il s’occupe activement d’une association, Singla Népal.

Vous trouverez en dessous de mon message, les informations sur leurs calendriers 2019 !

En espérant que vous serez intéressé à l’acheter et à participer au soutien de cette belle association.

Bien amicalement
Laurent Castioni

Namasté

Selon la tradition,

comme c’est le cas depuis des années, notre calendrier 2019 (voir fichier) est à disposition, en faveur de notre association

SinglaNépal

Noël est à notre porte, pensez à vos cadeaux !

deux formats sont à disposition, soit :

A 4 au prix de CHF 50.-
A 3 au prix de CHF 100.-

Vous pouvez l’acheter directement chez votre serviteur, ou à un membre du comité.

Autrement en versant le montant sur notre compte postal 10-211186-2 en précisant « calendrier » sur le bulletin.

Association Singla-Népal
IBAN CH21 0900 00001021 1186 2
BIC/SWIFT POFICHBEXXX

Un grand MERCI pour votre soutient, pour le Népal et nos projets futurs.

Bonne fin d’année

Amicalement

Bernard

Adresse de notre site

Télécharger le flyer de présentation

Information de la défense des intérêts sur l’objet soumis au vote du 25 novembre 2018

Chère Lectrice, Cher Lecteur,

Par ce courrier, nous nous sommes donné l’objectif de vous aider à former votre opinion pour les votations fédérales du 25 novembre. Nous vous remercions de prendre connaissance de ces lignes, en espérant que vous pourrez ainsi répondre avec détermination à la question soumise au vote.

La surveillance des assurés
La Suisse doit donner son avis, le 25 novembre, sur le droit des assurances sociales de pouvoir, également à l’avenir, surveiller les assuré-e-s, dont elles supposent un abus. Concrètement, il s’agit de l’objet soumis au vote: «modification de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA) – base légale pour la surveillance des assurés».

Par ces informations, la FSA veut faire connaître à ses membres les arguments pour et ceux contre ce projet de loi.

Les observations secrètes sont intégrées dans la Loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA). Elles sont appliquées dans le cadre des assurances sociales suivantes au niveau fédéral: assurance-invalidité; assurance-accidents (seulement l’assurance obligatoire); assurance-chômage; assurance-maladie (sans l’assurance complémentaire); les prestations complémentaires à l’AI/AVS; assurance-vieillesse et survivants; assurance militaire; assurance maternelle; allocations familiales.

Les articles sur la surveillance ne concernent pas l’aide sociale; celle-ci est dans la compétence des cantons et des communes.

Arguments des partisans du projet de loi

Enrayer l’abus du système social
-L’abus doit à nouveau pouvoir être combattu de manière efficace.
-Des observations secrètes sont autorisées comme dernier instrument utilisé dans des conditions clairement définies.

Tout le monde paie l’abus du système social
-L’abus nuit à toutes celles et tous ceux qui paient des primes.
-Également les personnes recevant un revenu modeste doivent cofinancer l’abus.
-Les assuré-e-s honnêtes sont intéressé-e-s au fait qu’aucune prestation inutile soit payée.

Protéger les assurances sociales
-L’abus mine la confiance dans les assurances sociales.
-Les assurances sociales sont basées sur la solidarité.
-La lutte contre l’abus renforce l’état social.

Un cadre clairement défini apporte la transparence
-Le projet de loi apporte une base légale claire.
-La lutte contre l’abus qui a fait ses preuves peut être poursuivie.
-La législation pour la surveillance est très restrictive.

Arguments des opposant-e-s au projet de loi

Non à la surveillance démesurée
Dans le nouveau texte de loi, le lobby des assurances a rendu possible, au Parlement, que la pratique actuelle de surveillance soit élargie aux assurances-maladies, à l’AVS, l’assurance-chômage et aux prestations complémentaires (PC). Ça va beaucoup plus loin que jusqu’ici et entrave nettement la sphère privée.

Non à ce qui est arbitraire
L’abus des assurances sociales est répréhensible à juste droit. La police et la justice ont la compétence et les instruments pour entreprendre des poursuites pénales en cas d’abus. Cela se déroule selon des règles précises. Les assurances ne veulent plus s’y tenir. Avec le projet de loi, elles seraient habilitées à faire des observations secrètes selon leur bon gré, sans contrôle externe.

Non au paragraphe d’accès au trou de serrure
Les détectives des assurances ont non seulement le droit de surveiller dans les lieux publics, mais aussi de faire des photos, enregistrements et films dans des endroits privés à la portée de tous. Des drones peuvent également être utilisés. Les détectives des assurances n’auront à l’avenir quasiment plus aucune limite quant aux moyens techniques auxquels ils pourront recourir. Avec le projet de loi, les détectives des assurances ont davantage de compétences que la police et le service de renseignement dans la lutte contre le terrorisme.

Non au fichage par les assurances
Les caisses-maladie et assurances nous demandent de voter pour leur accorder un chèque en blanc leur permettant de surveiller leurs assuré-e-s. Par un non à ce projet de loi, nous exigeons des règles claires et fondées sur le droit pour la lutte contre l’abus.

Meilleures salutations,

Daniela Moser – Joël Favre – Olivier Maridor – Sascha Feldmann
Défense des intérêts
Téléphone 031 390 88 33
defensedesinterets@sbv-fsa.ch

Fédération suisse des aveugles et malvoyants FSA
Secrétariat général
Könizstrasse 23, case postale, 3001 Berne
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L’Atelier pour aveugles de Brigue (VS) qui n’employait aucun aveugle subit le contrecoup des articles de presse négatifs.

La publication d’un article de «Blick» a eu l’effet d’une bombe: début septembre, le quotidien alémanique écrivait que l’Atelier suisse des aveugles et des malvoyants de Brigue (VS) n’engageait aucun aveugle.


(Photo: SBWS)

 

La Fédération suisse des aveugles et malvoyants (FSA), la conseillère d’Etat valaisanne Esther Waeber-Kalbermatten tout comme l’Union centrale suisse pour le bien des aveugles (UCBA) s’étaient empressées de se distancier de l’établissement. Le groupe régional valaisan de la FSA continue pour sa part de soutenir l’atelier et l’AI n’exclut pas non plus de continuer sa collaboration.

«Grandes répercussions»

Reste que deux mois après les faits, nombre de clients semblent avoir été déstabilisés par les différents articles de presse, écrit le «Walliser Bote». Dans un entretien accordé la semaine dernière au quotidien haut-valaisan, Michael Kamphausen, responsable du personnel de l’atelier de Brigue, confie: «Les articles négatifs ont eu de grandes répercussions sur nos affaires.»

Contacté en ce début de semaine par «20 minutes», il confirme que le chiffre d’affaires a reculé de 55% depuis que cette affaire a éclaté. Pour y faire face, Michael Kamphausen explique aussi avoir déposé une demande de chômage partiel pour six personnes travaillant dans l’atelier. Or, cette demande vient d’être rejetée. «Nous ne recevons aucune aide financière pour maintenir les places de travail de nos collaborateurs handicapés. Nous devons donc nous en sortir par nos propres moyens.»

«C’est ça la source du problème»

Michael Kamphausen ajoute: «C’est d’autant plus regrettable que nous ne sommes pas responsables de cette situation. Notre réputation a subi de gros dommages après la publication de l’article de ‘Blick’. C’est ça la source du problème. Mais malheureusement, ça ne suffit pas pour toucher du chômage partiel.»

Pour finir, le responsable du personnel précise que la priorité consiste actuellement à regagner la confiance des clients afin qu’ils continuent à acheter leurs produits. Sinon, conclut-il, des emplois seraient menacés.

Handicap attesté

Dans un communiqué diffusé en octobre, le groupe régional Valais de la FSA rappelle que tous les employés de l’atelier de Brigue souffrent d’un handicap visuel attesté. Selon le caissier, Ernst Lochmatter, ce handicap leur rendrait la vie de tous les jours difficile. Confronté au fait qu’il n’y a pas d’aveugles dans l’atelier, il avait répondu en septembre dernier: «Nous ne trouvons simplement pas de non-voyants souhaitant travailler ici. La dernière personne aveugle ayant travaillé dans l’atelier à Brigue a 70 ans. De nos jours, les jeunes aveugles sont intégrés très tôt dans le monde professionnel. Ils ne s’intéressent donc pas aux postes offerts par l’atelier.»

Vente de produits importés

L’atelier de Brigue ne produit que des balais et des brosses. Cependant, il vend également des serviettes, des peignoirs ou des chaussettes importés d’Allemagne et d’Autriche. Ces produits, présentés sur le site de l’organisation et dans un catalogue, affichent des prix nettement supérieurs à la pratique. Et sans préciser qu’ils ne sont pas fabriqués à Brigue.

Interrogé à ce sujet par le «Walliser Bote», Michael Kamphausen explique: «Nous ne faisons volontairement pas la différence entre les articles produits en Suisse, en Autriche et en Allemagne parce que nous nous voyons comme une communauté.» Et d’ajouter: «D’une part, nous voulons informer correctement les gens et d’une autre part nous voulons garantir les postes de travail de nos employés. Et pour ça, ce n’est pas utile d’avoir des clients qui n’achètent plus que des produits d’une seule région.» Dans tous les cas, Kamphausen assure que le catalogue sera adapté afin d’éviter que les gens pensent que les produits sont uniquement fabriqués par des personnes totalement aveugles.

Et en ce qui concerne les prix supérieurs à la pratique, Kamphausen explique: «Nous sommes un employeur comme les autres. Nous ne recevons ni de soutiens financiers réguliers ni de dons. On ne peut donc pas comparer nos prix avec ceux pratiqués par des institutions subventionnées.»

source (20min.ch)

Nouveau train duplex: Inclusion Handicap et les CFF trouvent un accord extrajudiciaire sur quatre points


communiqué CFF

 

Les deux parties se sont accordées sur la résolution extrajudiciaire de quatre points litigieux relatifs au nouveau train duplex pour le trafic grandes lignes CFF. Les mesures qui seront mises en œuvre apporteront des améliorations pour les clientes et les clients malvoyants et malentendants. Le tribunal administratif fédéral devra statuer sur les onze autres points restants, parmi lesquels l’inclinaison des rampes.

Dans son recours contre l’autorisation d’exploitation limitée, Inclusion Handicap a soulevé au total quinze points litigieux concernant les nouveaux trains duplex pour le trafic grandes lignes parce que de son point de vue, ceux-ci débouchent sur une discrimination des personnes avec un handicap. Les CFF et Inclusion Handicap accordent une grande importance à un dialogue constructif et à une approche soucieuse de trouver des solutions. Dès le début de la procédure, ils se sont déclarés prêts à trouver des solutions à certains éléments en dehors de la procédure. Les deux parties se sont accordées à présent sur quatre mesures, qui seront réalisées en dehors de la procédure de recours en cours. Elles ont signé aujourd’hui une convention à ce sujet.

Les quatre mesures suivantes seront mises en œuvre: meilleure élimination des reflets générés par les écrans d’information clientèle à bord des trains, réalisation d’un système de guidage tactile complet, signalement de toutes les intercirculations afin d’éviter les risques de trébuchements, meilleur marquage des places réservées en priorité aux personnes à mobilité réduite.

La procédure de recours au Tribunal administratif fédéral se poursuit

En novembre 2017, l’Office fédéral des transports (OFT) a accordé une autorisation d’exploitation limitée pour les nouveaux trains duplex des CFF. L’association faîtière des organisations suisses de personnes handicapées Inclusion Handicap a fait recours contre cette décision en janvier 2018. Le 6 mars 2018, le Tribunal administratif fédéral a décidé que les CFF sont autorisés à transporter des voyageurs à bord de tous leurs nouveaux trains duplex pour le trafic grandes lignes. Dans cette décision incidente, le tribunal n’a toutefois pas encore jugé au fond les points litigieux. Les onze demandes restantes d’Inclusion Handicap sont partie intégrante de la procédure en cours.

Les négociations entre les CFF et Inclusion Handicap sont ainsi terminées. Le tribunal statuera sur les 11 revendications restantes, parmi lesquelles on trouve la question de l’inclinaison des rampes.

Les CFF et Inclusion Handicap collaborent de manière constructive sur de nombreux projets et à divers niveaux. Cette coopération se poursuivra, quelle que soit l’issue de la procédure. Les deux parties analyseront ensuite les structures de leur collaboration et les optimiseront si nécessaire.

Source (CFF)

Les voitures électriques devront faire du bruit

Une loi stipule que les voitures électriques feront du bruit à partir de la mi-2019. Pour la fédération suisse des aveugles, le règlement ne va pas assez loin.


La ministre des transports Doris Leuthard roule en voiture électrique depuis au moins janvier 2015. (Photo: Keystone)

 

Les voitures électriques devront faire du bruit sur les routes helvétiques dès la mi-2019, rapporte la NZZ am Sonntag. La Suisse a repris la législation européenne.

Un système acoustique, générant des bruits de moteur par des haut-parleurs externes étanches à l’eau, doit être installé, a indiqué Thomas Rohrbach, porte-parole de l’Office fédéral des routes (OFROU), confirmant à Keystone-ATS l’information du journal alémanique. Cela s’appliquera aux nouveaux modèles.

Cela vaudra aussi pour les nouveaux véhicules à pile à combustible et aux voitures hybrides. A partir de 2021, les modèles fonctionnant avec l’ancienne technologie devront aussi être tous être vendus avec ce nouvel équipement («Acoustic Vehicle Alerting System»). En revanche, les voitures électriques déjà en circulation ne devront pas être adaptées.

Le son émis par les haut-parleurs est cependant nettement plus faible que le bruit engendré par les moteurs à benzine ou diesel. Cette mesure ne constitue donc pas une nouvelle brèche dans la problématique du bruit, selon le porte-parole de l’OFROU.

Important pour les malvoyants

Ce système acoustique est très important pour les aveugles et malvoyants. Les modes de transport silencieux représentent en effet un grand danger pour cette catégorie de personnes, selon Alfred Rickli, porte-parole de la Fédération suisse des aveugles et malvoyants.

La fédération veut cependant que la Suisse aille plus loin que les exigences de l’Union européenne (UE), notamment en obligeant les voitures à l’arrêt à faire du bruit. Les vélos électriques rapides devraient aussi être astreints à la nouvelle directive européenne. Sur les 4,5 millions de voitures répertoriées à la fin 2017 en Suisse, seules 15’000 d’entre elles étaient électriques et 67’000 hybrides.

L’OFROU relève que 98,5% des véhicules qui sont mises sur le marché en Suisse correspondent aux normes de l’UE. Faire cavalier seul s’avérerait relativement difficile à appliquer. Des accords devraient être résiliés.

Concernant les demandes de la Fédération des aveugles pour les vélos électriques rapides, le porte-parole précise qu’il n’y a rien de prévu sur ce plan-là en Suisse. Une éventuelle obligation de disposer d’un phare allumé de jour est à l’étude.

Source (nxp/ats)

Information du Comité

Chères et chers membres de la section genevoise de la FSA,

Je vous prie de trouver en pièce-jointe le flyer de la fête du Vallon du 12 octobre prochain.

Je me suis aperçu que l’événement n’avait pas lieu les 5 et 6 octobre comme indiqué sur le calendrier 2018 de l’ABA, mais le vendredi 12 octobre.

Pour ceux qui auraient des difficultés à lire le flyer, je vous en donne ci-dessous le contenu :

Lieu : foyer du Vallon, route du Vallon 16, 1224 Chêne-Bougeries;
Date : 12 octobre 2018, sur une seule journée;

Loto dès 13h30;

Stands : livres, vêtements, bijoux, fleurs, pâtisseries maison sucrées et salées, poterie, meubles anciens, bar à champagne;

Dès 11h00, musique et danse;

Restauration à partir de 11h00, raclette (fr. 5 la portion) et dès 11h30, salade panachée, jambon-gratin, salade de fruits fr. 20;

Dès 18h00, soupe à l’oignon.

Il est prudent de réserver votre table, 022 305.08.63 ou par e-mail : ltournier@abage.ch .

Je vous remercie d’en prendre note et vous adresse mes cordiales salutations.

Nicolas Frachet
FSA Section Genève

Lien pour télécharger le flyer

À Genève, les non-voyants n’ont plus droit à la carte de stationnement réservée aux personnes à mobilité réduite.

Privé de sa carte de stationnement, un aveugle de 72 ans s’insurge.


Pierre et Monique Muller ont été choqués de l’accueil qui leur a été réservé à l’Hôtel de police. Image: LUCIEN FORTUNATI

 

«À la police, on m’a dit: «Un aveugle n’est pas un handicapé!» Je me suis senti traité comme un moins que rien.» Âgé de 72 ans, Pierre Muller a perdu la vue il y a une trentaine d’années. À la fin du mois de juillet, il a voulu renouveler sa carte de stationnement pour handicapé. Celle qui permet notamment à son épouse, Monique, de garer leur voiture sur des places réservées aux handicapés. Mais à sa grande surprise, cette fois-ci, il n’y a rien eu à faire.

Le phénomène est assez nouveau. Même la faîtière genevoise des handicapés, la Fégaph, n’était pas au courant. «Lorsque je suis arrivé à l’Hôtel de police muni de mon rapport médical concernant la mobilité réduite en lien avec ma cécité, la préposée au guichet m’a demandé de patienter, enchaîne Pierre. Elle est allée voir son supérieur dans son bureau. C’est là que j’ai entendu cette phrase qui m’a humilié. Puis elle est revenue et m’a dit que les directives avaient changé et que je n’étais plus en droit de posséder cette carte, où figurent mon nom et ma photo.»

Besoin vital d’être accompagné

Pour le couple Muller, le coup est rude. «Je ne distingue que la clarté, et encore. C’est insuffisant pour me déplacer seul dans un endroit que je ne connais pas», poursuit cet ancien cadre de l’Hôpital.

«Mon mari ne fait pas 10 mètres sans assistance, relève Monique. D’où l’importance, quand je l’emmène quelque part, de pouvoir l’accompagner dès la sortie de voiture. Dans les transports publics, les aveugles sont considérés comme des handicapés. Dans les TPG, ils ne paient pas leur place et leur accompagnant non plus. Dans les trains, c’est presque la même chose, seul l’accompagnant ne paie pas. Alors pourquoi est-ce différent sur la route?»

Directive appliquée à la lettre

Les préposés de l’Hôtel de police, au Service de délivrance de documents au public, se seraient-ils fourvoyés en refusant d’accorder la carte de stationnement à Pierre Muller? Pas du tout. Ils n’ont fait qu’appliquer une directive de la Commission intercantonale de la circulation routière, que la police genevoise nous a fait parvenir. Elle date de 2015.

Que dit en substance ce texte qui s’appuie sur l’art. 20A de l’ordonnance fédérale sur la circulation routière? Que «le handicap moteur se manifeste par le fait que la personne handicapée ne peut (…) se déplacer à pied sur une distance ne dépassant pas 200 mètres environ, soit avec des moyens auxiliaires spéciaux, soit en étant accompagnée. Il s’agit là d’une mobilité réduite dont la cause peut être imputable à l’appareil moteur des jambes (handicap direct), au système respiratoire ou sanguin (handicap indirect).» Point final.

La police ajoute que les cartes de stationnement pour handicapé sont délivrées gratuitement à Genève, ce qui n’est pas forcément le cas dans d’autres cantons.

Ils utilisent leur carte périmée

Et les non-voyants dans tout ça? En termes de mobilité réduite, la directive ne les considère pas comme des handicapés. D’où les propos, certes peu appropriés, du préposé de la police. Pourtant, dans d’autres cantons, on est plus souple, indique Jean-Luc Widmer, vice-président de la section genevoise de la Fédération suisse des aveugles (FSA). Après quelques recherches, il nous précise que «dans le canton de Vaud, par exemple, les aveugles et malvoyants peuvent bénéficier d’une carte de handicapé».

Alors que faire, en attendant que les choses bougent à Genève? «Nous continuons à utiliser notre carte, bien qu’elle soit désormais périmée, avouent les époux Muller. Nous risquons évidemment une amende, mais tant pis!»

Un petit espoir demeure

Il y a cependant un petit espoir. La FSA Genève précise en effet qu’un macaron de stationnement peut être délivré aux bénévoles de la FSA qui ont un véhicule destiné à accompagner les personnes âgées handicapées de la vue et qui ont de la peine à se déplacer. Ce qui semble bien être le cas de Pierre Muller…

(source de l’article TDG)